(Salle F08)
Maury-Rouan, Claire
(Université Aix-Marseille, Aix-en-Provence)
Gesture and speech in children blind from birth
Data from videotaped interviews of 5 children blind from birth indicate
that the blind children produce many occurrences of eyebrow
raises that may be considered as ‘beats’ (‘batons’) - or as ‘underliners’
(the emphasis stretches out over more than one word : Ekman 1979).
Eyebrow raises are highlighters, emphasis-producing gestures, similar
in function to manual beats, although only Ekman’s fast eyebrow
‘batons’ match McNeill’s (1992 : 15, 81-82) formal criteria for beats
(“short and quick” with “just two movement phases- in/out, up/
down”) - the duration of underliners constituting a special case.
A part of the study investigates the degree of synchronization of
brow raises with pitch accents, in reference to Cavé et al. (1996) and
Krahmer et Swerts (2004) fi ndings in sighted adults.
Following Iverson and Goldin-Meadow’s 1997 fi ndings on gestures
used by blind children (mostly iconics in a conservation task), the
presence of eyebrow raises in the speech of blind children (who were
never saw eyebrow raises or experienced their effect on listeners)
confi rms the importance of such movements for the speaker. It supports
the view of a strong coordination between motor activity and
language, and the existence of an integrated system of language and
gesture, extending such a coordination, beyond hand gestures, to
co-verbal movements in the face area.
L’analyse d’un corpus vidéo de 5 enfants aveugles de naissance montre
la présence de beats (paraverbaux rythmiques) sous forme de
haussements de sourcils (brefs, ou souligneurs pouvant s’étendre sur
plusieurs mots : Ekman 1979). Ils ont la même fonction que les
« beats » manuels (McNeill 1992), mais les coups de sourcils brefs
satisfont seuls aux critères formels de brièveté-simplicité inadaptés
aux souligneurs, incitant à une défi nition élargie.
En relation avec les données (Cavé & al.,1996, Krahmer et Swerts
2004) concernant les locuteurs voyants , l’étude tente d’évaluer le
degré de synchronisation ou d’indépendance entre haussements de
sourcils et pitch intonatif, dans leurs rôles de mise en relief. La présence de haussements de sourcils connotant le discours des
enfants aveugles de naissance (n’ayant jamais vu de haussements
de sourcils ,ni éprouvé leur effet sur l’auditeur), en complément
des gestes iconiques mis en évidence par Iverson & Goldin-Meadow
(1997), confi rme que ces gestes jouent pour le locuteur un rôle
important, indépendamment de leur rôle communicatif. Elle conforte
l’idée d’une coordination étroite entre motricité et langage, et d’un
système intégré verbal-non-verbal, et montre que cette coordination
peut impliquer, au delà du cas des gestes manuels, d’autres mouvements
co-verbaux au niveau de la face.