(Salle F05)
Le Marechal, Jean-François
(U.M.R. ICAR, Lyon)
Utilisation de gestes pour affiner l’analyse de
connaissances mises en jeu dans des interactions au
cours d’un apprentissage scientifique
Le langage comme facteur essentiel de l’apprentissage a eu son
importance largement documentée dans les travaux ayant adopté
une approche socioconstructiviste. Cependant, seule sa composante
verbale est généralement utilisée. Peu d’étude prennent en compte
les gestes comme indicateur de connaissance dans l’interaction entre
apprenants. Roth et Lawless (2002) en ont pourtant montré l’intérêt
lors d’études de cas en didactique de la physique, en constatant que
l’écart entre le geste exprimant un concept en cours d’apprentissage
et sa verbalisation diminue avec le temps.
En didactique de la chimie, nous avons exploré le caractère métaphorique
de certains gestes d’élèves scientifi ques de 17 ans pour explorer
l’évolution des connaissances antérieures des élèves lors d’un apprentissage,
au niveau microscopique, d’une réaction chimique mettant
en jeu des ions en solution aqueuse. Nous avons pu constater que
les connaissances préalables des élèves les conduisaient à raisonner
comme si chaque ion n’était présent en solution qu’à un seul exemplaire,
alors qu’il est connu, à ce niveau scolaire, qu’il y en a une
multitude. L’évolution de ces connaissances a pu être observée chez
un élève, suite à l’intervention du professeur, les gestes métaphoriques
accompagnant le discours devenant différents.
Une telle prise en compte de la composante gestuelle du langage
ouvre un champ nouveau en didactique en constituant une nouvelle
observable encore inexplorée. Il devient possible de conforter certaines
hypothèses sur l’interprétation des connaissances impliquées
dans les interactions ; cela constitue une avancée importante. Il faut
cependant trouver des situations qui favorisent une gesticulation
cognitivement riche, ce qui pas le cas habituel en sciences. En effet,
les apprenants en situation de manipulations expérimentales ou de
calculs accompagnent leurs interactions de gestes essentiellement déictiques, peu informatifs sur le plan cognitif. Nous avons pu cependant
introduire, dans ces situations, des questions de réfl exion qui
favorisent une discussion accompagnée de gestes métaphoriques ou
de battements, également riches en métaphores (Mc Daniell, 1992).
The importance of language as a fundamental factor in learning
has been extensively documented throughout socioconstructivistic
approaches. Nevertheless, only the verbal aspect of language is most
often used. Little research in science education takes into account
gestures as indicators of knowledge imbedded in learners’ interactions.
Roth and Lawless (2002) proved such interest in physics education
case studies. They pointed out that the laps of time between
the gesture corresponding to a concept and its corresponding utterance
decreased with learning.
In chemical education, we observed 17 years old students’ metaphorical
gestures to understand their previous knowledge about
microscopic aspects of chemical reactions whenever ionic solutions
are involved. We found out that such knowledge forced students to
behaved as if only one ion of each kind were in solution even if they
do know that they are numerous. The evolution of one student‘s
knowledge could be observed after his teacher intervention. Metaphorical
gestures became different then.
Such an account of gestures opens wide a new area in science education.
It becomes possible to comfort hypotheses about the interpretation
of knowledge imbedded in interactions. It is necessary to
fi nd situations that favour cognitively rich gesticulation, which seldom
happens in science indeed. Learners use most deictic gestures
during experiments or calculus. Such gestures have little cognitive
interest. Nevertheless, we could question students in a way that
favoured metaphorical gestures and beats, which happen to have a
large metaphorical content (Mc Daniell, 1992).