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118 - Le Maréchal, J-F (Lyon)

Session : Panel

118 - "L’intervention et le devenir des connaissances antérieures des élèves dans la dynamique des apprentissages scolaires"

Le Maréchal, J-F (Lyon) : "Utilisation des gestes pour affiner l’analyse de connaissances mises en jeu dans des interactions au cours d’un apprentissage scientifique"

Jeudi 16 juin- 17h00-17h30
(Salle F05)


Le Marechal, Jean-François (U.M.R. ICAR, Lyon)

Utilisation de gestes pour affiner l’analyse de connaissances mises en jeu dans des interactions au cours d’un apprentissage scientifique

Le langage comme facteur essentiel de l’apprentissage a eu son importance largement documentée dans les travaux ayant adopté une approche socioconstructiviste. Cependant, seule sa composante verbale est généralement utilisée. Peu d’étude prennent en compte les gestes comme indicateur de connaissance dans l’interaction entre apprenants. Roth et Lawless (2002) en ont pourtant montré l’intérêt lors d’études de cas en didactique de la physique, en constatant que l’écart entre le geste exprimant un concept en cours d’apprentissage et sa verbalisation diminue avec le temps. En didactique de la chimie, nous avons exploré le caractère métaphorique de certains gestes d’élèves scientifi ques de 17 ans pour explorer l’évolution des connaissances antérieures des élèves lors d’un apprentissage, au niveau microscopique, d’une réaction chimique mettant en jeu des ions en solution aqueuse. Nous avons pu constater que les connaissances préalables des élèves les conduisaient à raisonner comme si chaque ion n’était présent en solution qu’à un seul exemplaire, alors qu’il est connu, à ce niveau scolaire, qu’il y en a une multitude. L’évolution de ces connaissances a pu être observée chez un élève, suite à l’intervention du professeur, les gestes métaphoriques accompagnant le discours devenant différents. Une telle prise en compte de la composante gestuelle du langage ouvre un champ nouveau en didactique en constituant une nouvelle observable encore inexplorée. Il devient possible de conforter certaines hypothèses sur l’interprétation des connaissances impliquées dans les interactions ; cela constitue une avancée importante. Il faut cependant trouver des situations qui favorisent une gesticulation cognitivement riche, ce qui pas le cas habituel en sciences. En effet, les apprenants en situation de manipulations expérimentales ou de calculs accompagnent leurs interactions de gestes essentiellement déictiques, peu informatifs sur le plan cognitif. Nous avons pu cependant introduire, dans ces situations, des questions de réfl exion qui favorisent une discussion accompagnée de gestes métaphoriques ou de battements, également riches en métaphores (Mc Daniell, 1992).


The importance of language as a fundamental factor in learning has been extensively documented throughout socioconstructivistic approaches. Nevertheless, only the verbal aspect of language is most often used. Little research in science education takes into account gestures as indicators of knowledge imbedded in learners’ interactions. Roth and Lawless (2002) proved such interest in physics education case studies. They pointed out that the laps of time between the gesture corresponding to a concept and its corresponding utterance decreased with learning. In chemical education, we observed 17 years old students’ metaphorical gestures to understand their previous knowledge about microscopic aspects of chemical reactions whenever ionic solutions are involved. We found out that such knowledge forced students to behaved as if only one ion of each kind were in solution even if they do know that they are numerous. The evolution of one student‘s knowledge could be observed after his teacher intervention. Metaphorical gestures became different then. Such an account of gestures opens wide a new area in science education. It becomes possible to comfort hypotheses about the interpretation of knowledge imbedded in interactions. It is necessary to fi nd situations that favour cognitively rich gesticulation, which seldom happens in science indeed. Learners use most deictic gestures during experiments or calculus. Such gestures have little cognitive interest. Nevertheless, we could question students in a way that favoured metaphorical gestures and beats, which happen to have a large metaphorical content (Mc Daniell, 1992).